J’ai honte

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J’ai honte. J’ai vraiment honte. L’autre jour, je me suis rendu à Mandalay pour raison persono-professionnelle. Dans mon secteur d’activité – les jolies mots ! – difficile de ne pas faire l’un sans un peu de l’autre.

J’avais donc un large éventail de mode de transport à ma disposition. Le plus cool qui se conjugue aussi au moins confortable, au plus-que-long et au moins bon rapport qualité prix, le train. De loin un de mes favoris mais le cas échéant pas nécessairement le plus approprié. Vient ensuite le bateau qui si on l’envisage en termes de norme locale rejoins à peu près le train. En troisième position, les vols domestiques marqués du sceau de l’infamie et réservé aux mauvais touristes. Et enfin les bus. Il en existe plusieurs types : des pourris montés sur ressorts, des un peu mieux sans air conditionné et des super-modernes sur-climatisés. Je laisserai au bon soin des vrais voyageurs la délectation de conter leurs incroyables pérégrinations à bord des deux premières catégories pour m’attarder sur la dernière.

En fait, j’avais eu vent de ces fameux bus VIP qui sillonnent de plus en plus nombreux les routes birmanes, en particuliers les grands axes que sont Yangon-Mandalay ou encore Yangon-Taunggyi. Mais j’admets avoir pris une petite claque. La configuration du bus est en 2-1 ce qui vous donne une idée de la largeur des sièges. Sièges inclinables avec repose-jambes réglable individuellement. Et le fin du fin c’est pas Plantafin, mais l’écran de télé individuel avec casque fournit par la compagnie s’il vous plait.

Alors c’est peut-être un détail pour vous le coup du casque mais pour nous, pauvre utilisateurs fourbus à la recherche de la moindre minute de tranquillité pour sombrer, aussi brièvement soit-il, dans un sommeil précaire, pour nous ça veut dire beaucoup.

Quels sont les deux enquiquinements majeurs auxquels n’importe quel passager normalement constitué doit faire face lorsque qu’il prend un bus long-courrier en Birmanie (et dans d’autres pays d’Asie d’ailleurs) ? Le bruit et le froid. J’ai dit deux parce que les birmans ne peuvent pas compter comme une source d’ennuie attendu qu’ils sont chez eux, il faut donc faire avec.

Le bruit donc. Et oui, fini le temps des rires et des chants dans les bus. Terminés, les karaokés saturés et les sermons bouddhiques incessants et répétitifs. Le bruit du moteur comme seule berceuse quand ce n’est pas votre voisin qui a mis ses écouteurs à fond …

Le froid. Là on touche à une différence culturelle majeure. Il m’est toujours apparu comme une coutume étrange de vouloir à tout prix régler une climatisation sur 15°c quand il fait 30°c dehors. C’est complètement stupide et surtout tout le monde se les caillent mais personne ne dit jamais rien (moi le premier !). Heureusement, une magnifique couverture type cucul la praline fleurie façon papier peint orange des années 60 est là pour vous garder au chaud. C’est bien connu le froid conserve.

La différence est vraiment notable et le confort appréciable. Si la nuit ne sera pas la meilleure de votre vie, elle s’éloignera de la pire.

J’ai succombé. Succombé au chant des sirènes de la facilité du confort. Abandonné dans les bras des bus VIP. Mais franchement ça vaut bien le coup de vendre son âme au diable. Alors vous aussi, venez vous vautrer dans la luxure. Vous aurez bien une autre occasion de prendre un bus de merde pendant votre voyage !

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